avec le soutien institutionnel du laboratoire Mayoly


Simvastatin in the prevention of recurrent pancreatitis : The SIMBA trial.
Auteurs : Lucia GUILABERT SANZ (Alicante, Spain)
Problématique justifiant la recherche ou l’étude (5à 6 lignes max)
But : les pancréatites aigues récurrentes (PAR) sont à risque d’évoluer vers une pancréatite chronique dans près de 35% des cas. Les auteurs souhaitaient évaluer le bénéfice éventuel de la simvastatine dans la prévention des épisodes de pancréatites et la survenue d’une pancréatite chronique. L’hypothèse étant basée sur les propriétés anti inflammatoires et immuno modulatrices de la molécule
Matériels et méthodes : il s’agissait d’une étude prospective randomisée multicentrique comparant la simvastatine 40 mg à un placebo (ratio 1 :1) chez des patients présentant des épisodes de PAR alcoolique. Le calcul des patients à inclure était estimé à 144 patients. Un suivi d’un an était prévu avec une évaluation initiale et finale de l’élastase fécale, de l’hémoglobine glyquée et un scanner.
Résultats : 23 centres participaient à l’étude. 85 patients au final étaient inclus. En ITT, il n’y avait pas de différence significative en terme de récidive (RR(IC95% : 1.03(0.7-1.56) p=0.88) avec un taux de récidives de 46.2% dans le groupe Simvastatine vs 44.4% pour le placebo. En analyse per protocole chez les patients ayant pris tout leur traitement, la différence n’était pas significative non plus et on notait un taux de diabète à 12 mois plus élevé dans le groupe simvastatine (16% vs 0, p=0.037). L’étude était arrêtée devant l’absence d’effet de la simvastatine.
Conclusion : Sous réserve d’un suivi court et des biais liés à la définition de la pancréatite chronique, cette étude tend à démontrer que la simvastatine ne présente pas d’intérêt dans la prévention de la pancréatite chronique chez les patients souffrant de pancréatites aigues récidivantes alcooliques. Le sevrage alcoolique et tabagique reste à ce jour la seule possibilité d’une réversibilité à ce stade de la pancréatite chronique
Intérêt pour le malade : 3 etoiles
Applicabilité en pratique de routine : 1 etoile

Par Philippe Grandval